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Start-up Academy #7.2 | L’accompagnement à la structuration financière

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On poursuit sur le chapitre 7 dédié au financement avec un article dense sur la structuration financière de l’entreprise.
Retrouvez l’épisode 7.1 en cliquant ici pour comprendre les bases du financement des start-up.

Si l’analyse du marché et la réflexion stratégique qui en découle sont la première priorité de l’accompagnement d’un projet, l’ingénierie financière, destinée à trouver les moyens de déployer le plan de développement, est la seconde, le business plan faisant la synthèse de l’ensemble.

Le rôle de l’accompagnateur :

→ Réaliser un diagnostic de la situation financière de départ.

→ Aider à identifier les besoins financiers à chaque étape.

→ Structurer le prévisionnel financier formalisé selon les demandes de chaque financeur dans une logique d’ingénierie financière permettant de sécuriser le plan de financement.

→ Orienter l’équipe vers les bons interlocuteurs à chaque étape.

→ Accompagner la structuration d’un tableau de bord de gestion dès le lancement de l’activité.

→ S’assurer de la montée en compétence des dirigeants si nécessaire.

Le diagnostic financier

Il doit porter sur les aspects suivants :

→ Situation matérielle et sociale des dirigeants : de quoi ils vivent aujourd’hui et dans les 2 ans qui viennent.

→ Identification des fonds propres initiaux apportés et mobilisables par l’équipe et son entourage (love money).

→ Capacité et velléités des fondateurs à recourir à des prêts d’honneur ou prêts classiques.

→ Evaluation du critère innovation (JEI / CIR / CII) qui peut positivement impacter les ressources.

→ Etat des lieux des financeurs déjà contactés.

→ Etat des lieux des connaissances et compétences en comptabilité.

→ Etat des lieux et mise en relation si nécessaire avec expert-comptable spécialisé ou cabinet spécialisé en innovation, en fonction du stade de maturité du projet.

L’évaluation de ces éléments permettra de structurer le travail sur le volet financier. Il pourra impacter les grands équilibres du budget.

Le financement de la phase de faisabilité

L’objectif de cette étape est de valider la proposition de valeur et le MVP.

LES ÉLÉMENTS À CHIFFRER (à affiner suivant l’avancement du projet et son contexte)

Les principaux financements mobilisables sur cette phase sont les suivants :

1/ VALIDER SON MARCHÉ ET CHOISIR LES SEGMENTS PRIORITAIRES

2/ VALIDER LA FAISABILITE, PROTOTYPER OU LIVRER UN MVP

Le financement de la phase d’amorçage

Cette phase marque le démarrage de l’activité de l’entreprise, soit pour entrer en phase de commercialisation, soit pour finaliser un prototype préindustriel. Elle correspond la plupart du temps à un dossier plus structuré projetant l’activité de l’entreprise à 3-5 ans, autour d’une roadmap précise chiffrée par grandes familles analytiques (R&D, Commercial, Production, Gestion & Administration).

Cette mise en cohérence est fondamentale car elle permet aux investisseurs d’évaluer le réalisme du projet par la bonne articulation dans le temps de ses différentes phases.

Le réalisme n’empêche pas l’ambition !

Bien souvent assimilée à de la prudence, la notion de réalisme permet plutôt de démontrer que la mesure des enjeux a bien été prise : on ne s’équipe pas de la même manière pour traverser l’Atlantique ou descendre la Garonne… On n’attaque pas un marché international sans savoir parler anglais, on ne lance pas un projet à forte dimension technologique sans crédibilité scientifique et sans moyens financiers… La cohérence entre l’ambition et les moyens est fondamentale pour la crédibilité du projet.

Les différentes phases peuvent être relativement proches dans le temps. Ainsi, les outils mobilisables peuvent être les mêmes qu’évoqués pour la phase de faisabilité (bourse French Tech de Bpifrance, aide à la faisabilité du Conseil Régional), complétés par d’autres dispositifs permettant de mobiliser davantage d’argent, et de fonds propres également supérieurs.

SOURCES DE FINANCEMENT NON DILUTIF

SOURCES DE FINANCEMENT DILUTIF

ROADMAP TECHNIQUE ET FONCTIONNELLE

ROADMAP MARKETING ET COMMERCIALE

Le prévisionnel financier

Si certains dossiers en phase de faisabilité peuvent rester légers, il devient rapidement indispensable de présenter des projections financières sur 3 à 5 ans, plus ou moins étayées mais permettant de se donner une perspective de besoin réaliste. Cela se traduit par la construction d’un prévisionnel financier rassemblant au minimum trois états indispensables.

LES 3 ÉTATS INDISPENSABLES D’UN PRÉVISIONNEL FINANCIER

Il existe différents outils prévisionnels de création de start-up : FISY, Montpellier Business Plan, outils des cabinets comptables, fichiers Excel « maison ». Ils reposent sur des logiques de construction différentes : analytique versus comptable, charges variables/charges fixes calculées en linéaire ou au réel mois par mois, prise en charge ou pas des statuts fiscaux spécifiques à l’innovation, etc.

À noter :

On recherche dans un prévisionnel essentiellement la justesse des formules de calcul, la rapidité de modification des hypothèses ainsi que la lisibilité pour une personne extérieure (certains financeurs demanderont le document). La précision comptable n’est pas un enjeu à ce stade. Elle sera traitée lors de l’établissement des comptes par le cabinet comptable, qui fera alors des choix de présentation notamment pour piloter la communication financière (durées d’amortissement différenciées, immobilisation ou non de la R&D…).

Notre recommandation au stade du lancement est d’éviter les usines à gaz « maison » si personne ne sait les utiliser, mais de favoriser un prévisionnel financier du marché. Attention aussi aux compatibilités avec certains environnements informatiques.

Le compte de résultat d’une entreprise innovante présente :

→ Des hypothèses de chiffre d’affaires faible voire nul au démarrage : ces hypothèses doivent être fortement challengées, car elles constituent des ressources hautement incertaines ;

→ Des dépenses dont le réalisme et la légalité doivent être vérifiées ;

→ Un résultat souvent négatif au moins pendant 2 ans.

L’accompagnateur doit donc accorder une vigilance particulière à certains points structurants qui engagent la crédibilité du prévisionnel.

POINTS STRUCTURANTS DU COMPTE DE RÉSULTAT

Il existe plusieurs manières de minorer les besoins financiers réels de l’entreprise, afin de se donner de la marge de manœuvre en trésorerie une fois l’activité lancée :

Pôle Emploi : le statut du créateur d’entreprise permet d’alléger la masse salariale de l’entreprise (mais le prévisionnel doit embarquer les salaires au cas où).

Le Crédit Impôt Recherche (CIR): à valider de préférence parle dépôt d’un rescrit fiscal, il est à considérer comme un bonus plutôt qu’un mode de financement à proprement parler. En effet, il est perçu en milieu d’année au titre de l’année précédente. De plus, bien que relativement stable depuis quelques années, le dispositif peut connaître des évolutions.

Le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) ou Jeune Entreprise Universitaire (JEU) : il s’obtient après dépôt d’un rescrit fiscal et permet notamment de minorer sous conditions les cotisations sociales des personnels R&D (18 % au lieu de 45 %). Ce statut est quasi-acquis pour la plupart des start-up technologiques, mais au moindre doute, il est recommandé de ne pas l’intégrer au prévisionnel compte tenu de son impact sur les besoins de financement de l’entreprise.

Le plan de financement d’une start-up innovante présente :

→ Une capacité d’auto-financement fortement négative au démarrage ;

→ Des ressources propres qui évoluent au gré des levées de fonds ;

→ Des hypothèses de soutien public calculées sur la base du cash disponible (et non des fonds propres inscrits au plan de financement, car l’argent peut avoir été dépensé ou ne jamais avoir existé – apport d’un brevet par exemple).

Les questions à évoquer avec l’équipe pour valider la cohérence du plan de financement sont les suivantes :

Le plan de financement

Un bon plan de financement respecte certaines règles :

→ Prévoir un rapport égal entre les fonds propres et les aides publiques demandées.

→ Calculer précisément les assiettes de dépenses éligibles aux différents dispositifs, en intégrant tout élément participant à la faisabilité du projet (propriété intellectuelle, juridique, faisabilité technique…).

→ Optimiser la répartition des financeurs.

→ Ne pas intégrer les dispositifs fiscaux soumis à fluctuations politiques (exemple JEI, CIR, CII …), qui constitueront des poches de trésorerie par la suite.

→ Anticiper les délais de traitement des financeurs et formaliser correctement les documents attendus pour limiter les risques de trésorerie. Les documents attendus par Bpifrance ou la Région Nouvelle- Aquitaine : fiche de renseignements, lettre de saisine (actant une date de début de programme pour gérer les délais de traitement), fiche de suivi pour une entreprise déjà aidée par le passé, fiche préprojet Bpifrance pour des aides type Bourse French Tech.

Enfin, le tableau de trésorerie détaillée fait le pont entre le compte de résultat et le plan de financement. Il est probablement le document le plus précieux du créateur de start-up. En effet, la vie d’une start-up dépend de son cash disponible d’abord et avant tout.

La première chose à faire est de connaître le besoin global de l’entreprise c’est-à-dire son point bas de trésorerie en absence de ressources initiales.

La construction du plan de trésorerie suppose de maîtriser les délais de paiement fournisseurs et clients (gestion du BFR) et de projeter les entrées de ressources (aides publiques, levée de fonds, prêts bancaires, etc.). Il faut donc intégrer les délais d’instruction et de versement de ces différentes ressources pour s’assurer de la possibilité de maintenir une trésorerie à flot sur toute la durée du plan de financement.

Concernant les fonds non dilutifs (aides publiques, prêts d’honneurs, prêts bancaires…), après avoir vérifié leur compatibilité, il convient de réaliser rapidement un rétroplanning de versement pour savoir à quel moment solliciter les différents interlocuteurs.

Concernant les fonds dilutifs, notamment les levées de fonds auprès d’investisseurs privés, les durées sont également généralement conséquentes. Dans ce domaine, la décision rapide n’est pas toujours gage de sérieux pour la suite et peut engendrer des difficultés.

Si la compétence financière est souvent peu maîtrisée parles dirigeants, leur capacité à présenter et expliquer leur prévisionnel est un facteur clé pour convaincre des financeurs. Les chiffres sont en effet la traduction des actions prévues. S’ils ne sont pas maîtrisés, on laisse à penser que la réflexion n’a pas été assez approfondie.

Il est donc essentiel de travailler ce point avec les porteurs de projets. Les dirigeants doivent dès le départ maîtriser le rapport entre leur activité, les moyens nécessaires pour l’accomplir et la valeur à en retirer pour eux-mêmes, pour l’entreprise, et pour leurs investisseurs. Et ce, même s’ils internalisent à terme un poste de Direction Financière.

La notion de tableau de bord doit ainsi être introduite rapidement avec les indicateurs de performance définis en concertation avec les partenaires et investisseurs :

→ En termes d’activité : commerciale, production, R&D…

→ En termes de rentabilité : maîtrise des postes de charges, calcul de différents niveaux de résultat et de marge ;

→ En termes financiers : maîtrise de la trésorerie, du BFR et de la situation financière.

Les documents obligatoires :

→ Pour la Région Nouvelle-Aquitaine :

→ Pour BPI France

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